Entre "primaires" au PS et "karcher" à l'UMP, les débats partisans font rage dans la Péniche. La fébrilité politique liée à l'année électorale est tout à fait sensible à Sciences Po depuis la rentrée, et on peut observer une hyperactivité associative dans ce domaine. Afin de faire la part des choses et de déméler un peu les débats, nous avons rencontré Adrienne Brotons, présidente de l'UDF Sciences Po.
LaPeniche.net : Bonjour Adrienne, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Adrienne Brotons : Je suis étudiante en 4A, en master Affaires Publiques. Je suis entrée à Sciences Po en 2A, après une hypokhâgne à Victor Duruy, et je me suis tout de suite intéressée à l'UDF. Je suis devenue une membre active de l'association dès ce moment-là. En revenant de ma 3A, aux Etats-Unis, j'ai eu envie de m'impliquer davantage, et j'ai repris la présidence de l'association.
Depuis quand l'association existe-t-elle ? Combien êtes-vous ?
L'association avait été refondée dans sa forme actuelle pour préparer les présidentielles de 2002. Nous avons cette année une équipe presque entièrement nouvelle, composée d'une dizaine de membres actifs et d'une quarantaine de sympathisants. Notre recrutement a été très fort en début d'année, avec des profils très divers. Certains adhérents sont des étudiants de première année, dont c'est le premier engagement politique. D'autres sont plus âgés, et nous rejoignent par exemple après avoir été sympathisants de la gauche.
Certains connaissent encore mal les idées de l'UDF. Peux-tu nous parler de quelques points qui te tiennent particulièrement à coeur ?
L'Europe avant tout ! L'UDF a toujours milité pour une Europe politique, organisée autour d'un système fédéral. Actuellement, nous faisons campagne pour un nouveau traité, simplifié, qui permettrait de relancer la construction européenne.
Sur le plan économique, l'UDF est attachée à une certaine flexibilité pour les entreprises, dans une perspective libérale, mais tient à assûrer des garanties sociales pour ceux qui sont le moins apte à faire face à cette flexibilité. Par ailleurs, l'UDF est aujourd'hui opposée aux privatisations, surtout quand il s'agit d'infrastructures comme la distribution de gaz, d'électricité ou les réseaux de chemins de fer.
Ensuite, sur le plan des moeurs, François Bayrou s'est récemment prononcé en faveur de l'adoption par les couples homosexuels, essentiellement pour des raisons de sécurité juridique de l'enfant adopté : l'adoption existe déjà de fait, autant la permettre dans un cadre sûr.
Enfin, sur le plan politique et institutionnel, l'UDF se prononce en faveur d'une 6ème République, pour un parlement plus efficace et un président plus responsable.
Avez-vous des liens avec le parti politique ? Lui rendez-vous des comptes ?
Nous n'avons pas de lien direct avec le parti. Nous sommes en relation avec les Jeunes UDF Paris, puisque plusieurs de nos membres en font également partie, mais cela s'arrête là. Nous n'avons aucun compte à rendre, et nous ne recevons pas de consignes. Par contre, nous avons un rôle de proposition, et nous relayons l'appel à contribution au projet de l'UDF pour la présidentielle. Nous avons également une boîte à idée, dans laquelle nous demandons aux étudiants de donner leurs idées sur des thèmes qui les concernent plus directement. Le thème, actuellement, est " L'université doit-elle être sélective?". Si cela vous inspire, n'hésitez pas à venir nous rencontrer à notre table !
Et plus concrètement, qu'allez-vous organiser à Sciences Po ?
Nous comptons faire paraître un journal, "La balle au centre". Le premier numéro sortira le 13 novembre, sera gratuit, et devrait contenir au moins une douzaine de pages. Nous espérons pouvoir le faire paraître au moins tous les deux mois, idéalement tous les mois. Nous avons également l'intention d'inviter des personnalités UDF à venir débattre. Les premiers seront Marielle de Sarnez et Alain Duhamel, le 27 novembre. Ensuite, nous organiserons des conférences-confrontation, entre des députés UMP, UDF et PS. La première aura pour thème l'actualité du clivage droit-gauche et la réforme des institutions.
As-tu un message à faire passer aux étudiants ?
Pour tous ceux qui se sentent proches de l'UDF, c'est l'année ou jamais ! Le passage au second tour n'est pas impossible, dans la mesure où le positionnement n'a jamais été aussi clair. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal jouent l'ancrage à droite et à gauche, nous avons clairement notre place à occuper.
Un petit mot pour la fin ?
(temps de réflexion) Orange. Oui, pourquoi pas une révolution orange ?
Merci Adrienne.
L'UDF lance sa Boîte à Idée ! 
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