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Mercredi 9 janvier 2008
 

Certains combats cessent d’exister… désertés par leurs contradicteurs, leurs spectateurs ou leurs animateurs. Le combat territorial fait partie de ces combats-là et c’est Edouard Balladur qui est venu nous le rappeler dernièrement. Dans les conclusions médiatisées du Comité sur la modernisation et le « rééquilibrage » des institutions, vous ne trouverez pas de bilan de la décentralisation, pas de réflexion sur les liens, le rôle et l’imbrication institutionnelle de nos territoires.

 

L’hyperprésidentialisme a donc fait une nouvelle victime ; la concentration des attentions et des réflexions sur la « tête » de l’Etat a squizzé toute remise en question de l’organisation territoriale française. Personne ne soutiendra que cette question n’est pas au cœur de la thématique institutionnelle, personne ne soutiendra non plus que tout a été fait en matière territoriale et que nous sommes aujourd’hui parvenus au point de perfection. Non, le territorial reste un combat et pourtant, on a toujours l’impression que le territoire sent la vache ou le pâté.

 

Aux racines du mal français, il y a sans doute ce flou indéfinissable et mouvant qui peine à installer le citoyen dans son lieu, l’acteur public dans son rôle. Aux racines du mal d’Europe, il y a sans doute cette incapacité à définir, nommer et faire vivre les niveaux de pouvoir. Plus que des paillettes et des élans médiatiques, les citoyens ont besoin de proximité, de concret, d’encadrement et de clarté. C’est la redéfinition des territoires, ce sont des leviers d’action nouveaux pour les acteurs politiques locaux qui réconcilieront durablement le citoyen avec ses représentants.

 

La logique partenariale, le compromis et la pédagogie ont prouvé qu’ils savaient vivre à l’échelle de nos communes, de nos pays et de nos régions. Militons pour installer ces logiques dans les habitudes de la politique nationale. Proposons une redéfinition des responsabilités de chacun.

 

Un rapide bilan des territoires en France laisse apparaître 3 niveaux malades et 2 niveaux bien vivants.

  • L’Etat peine à réformer, investir et rassembler. Destinataire de toutes les attentes et de tous les mécontentements, il en est réduit à distribuer plus d’argent que d’avenir.

  • L’Europe peine à s’enraciner dans le concret, à susciter à nouveau l’espoir. Elargissements et referenda ratés, nouvelles peurs, truchement des discours nationaux : que reste t-il de nos rêves ?

  • Le département demeure le symbole de cet enchevêtrement illisible de compétences. Entre les communautés d’agglomération et les Régions, sa place s’est réduit jusqu’à disparaître sans que jamais les conséquences n’en soient tirées.

  • La région, solide entité dans cette nouvelle carte des compétences héritée de la décentralisation, échelon pertinent du développement économique et des aménagements publics réclame un nouveau souffle ; capacités nouvelles de financement, adaptabilité réglementaire, représentation nationale et péréquation restent à inventer.

  • Les communautés de communes, d’agglomération ou urbaine se sont imposées dans notre quotidien. Aujourd’hui elles réclament une pleine légitimité, démocratique et financière.
 

Se battre pour l’Europe de la défense, de l’environnement, de la recherche et de l’investissement, se battre pour des régions innovantes, leaders dans le développement économique, se battre pour une démocratie de proximité respectée et capable d’endiguer le malaise des zones oubliées: voilà du grain à moudre pour repenser le sens et l’efficacité de nos institutions, voilà de quoi « moderniser » et « rééquilibrer » notre démocratie. Dessiner, dans le cœur des citoyens, une carte nouvelle des territoires et des appartenances, voilà ce qu’est le moment territorial, voilà ce qu’est ce combat oublié.

 

Faisons vivre les prochaines élections municipales plus fort !

 

                                                                                                                      P. G.

par P G publié dans : Articles

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